La synagogue de nos pères, le « Schibele »

 

NIOM (Netsah Israël Ohel Mordechaï)

5 rue Sainte-Anastase, Paris 3e

Vous pouvez nous retrouver sur notre site très modeste  niom.fr

 

         

          Nous vous sollicitons, lisez cette histoire et le pourquoi de notre demande.

         Une petite rue du Marais, rue Sainte-Anastase, un Schibele au fond d’une cour, au premier étage par un escalier mythique, on pousse une porte et une réplique d’un lieu de prière, un oratoire comme il pouvait y avoir en Pologne ou dans toute l’Europe Centrale. Retour vers un passé ou l’espérance, la foi, l’étude étaient l’âme de la vie juive, le cœur du foyer juif, dans la pénombre de la culture du monde ashkénaze.

          Ici, on découvre une impensable reconstitution d’un lieu préservé comme si le temps s’était figé et avait suivi ces générations « sépias » des temps anciens et pourtant datant du siècle dernier et cela en France. Dans ce petit monde de tailleurs devenus confectionneurs, les ex rois du « schmatess », les boutiques chargées de marchandises, que le temps a effacées des mémoires et pourtant les générations issues de ces pères fondateurs d’une dynastie textile à la générosité variable selon les saisons et les égoïsmes de chacun sont devenues pour la plupart des avocats, des docteurs, une société juive, qui dans leur modernité ont délaissé un judaïsme de base sans s’en éloigner vraiment.

          Nous, les fils survivants des survivants nous avons pris conscience que par respect de ceux qui revenus des camps, survivants de l’inacceptable, une des premières mesures prises fut de créer  un lieu de prière, rendre grâce si on peut le dire au miracle de leur survie, le retour inespéré parmi les vivants.

           Dans cet espace encore hanté par leur présence dont nous nous sommes imprégnés, leurs âmes nous entourent et nous avons  conscience d’être les héritiers d’un monde disparu et les porteurs de leurs mémoires.

          Dans l’esprit de notre judaïsme pluriel, la communauté longtemps fractionnée par nos différentes origines reprend corps et vie dans le Schibele de nos pères. Nous avons compris que la liaison de toutes les liturgies religieuses réunies pouvait se retrouver en un seul lieu qui pouvait rappeler à chacun d’entre nous un passé mémoriel par l’intensité émotionnelle qui émanait de ce Schibele  : chacun y retrouvant une partie de ses racines, c’est ainsi qu’un lien fraternel réunit nos communautés recomposées.

          Une projection sur l’avenir qui depuis des années prend vigueur présentement. La générosité juive s’inspire de nos préceptes bibliques comme l’engagement d’aider nos frères, se responsabiliser afin que chaque famille dans le besoin puisse retrouver sa dignité dans son indépendance.

          Nous sommes une communauté de vie mais aussi tournée vers l’étude et le savoir, la connaissance comme un des principes de base de notre identité, ce constat nous a fait rencontrer des jeunes maîtres, des éléments de qualité qui nous ont permis de créer et d’animer des soirées d’étude, c’est un relai incessant chaque soir voire les matinées où des adultes assistent à ces cours sans contrepartie financière. Une boucle qui relie les racines de deux mondes et se poussent vers un avenir commun, l’un puisant dans le souvenir, l’autre s’ouvrant à cette modernité en mouvement. Ces petites unités de jeunes adultes studieux  sont peut-être la promesse de leur retour vers des responsabilités communautaires et  nous prions pour qu’ils pérennisent leurs présences aux offices.

          Il fut un temps, celui de l’après-guerre ou notre éducation laïque avait pris le pas sur nos traditions et notre judaïsme se résumait à la préparation de la Bar Mitzvah, un mariage à la synagogue et à un enseignement maternel des fêtes juives par la cuisine propre à nos origines. Ce fut un temps douloureux, difficile, sans aide de l’État, ne sachant pas à qui s’adresser pour continuer, du courage, de la persévérance, notre seule chance était le travail, dignité oblige, la misère ne s’exprimait pas à l’extérieur.

        Nous avons un déficit financier que nous n’arrivons pas à freiner, bien que nos charges soient raisonnables,  nos fidèles ne peuvent à eux seuls subvenir aux besoins de l’entretien de la synagogue. Chaque fidèle monte à la Tevah, aucune exigence de don, à ce niveau nous sommes solidaires et égaux.

         Nous ne recevons aucune aide institutionnelle, nous ne sommes pas liés au Consistoire, aucune subvention, seuls nos fidèles assument avec difficulté et dignité cette lourde tâche, parfois quelques « largesses » miraculeuses : mais n’en demeure pas moins, ce sentiment de précarité, un poids qui pèse lourd sur notre destinée future. Nous avons besoin de votre aide, donateurs connus et inconnus, amis proches, amis communautaires, amis des missions, amis  qui découvrent notre histoire, fils de nos pères, soyez fidèles à cette noble tradition de générosité «  NE LAISSER PAS MOURIR NOTRE SCHIBELE », la mémoire de nos pères est aussi la vôtre, il le faut, c’est notre ultime espoir pour que ce Schibele pérennise son aventure spirituelle et de vie qui a débuté voilà 100 ans.

           Vous serez toujours le bienvenu dans notre Schibele , soyez parmi nous à nos offices de Shabbat, nous serons très heureux de vous y accueillir. MERCI.

Bernard Korn Brzoza

  • Facebook Social Icon

Les Amis d'Odessa - 5 rue Sainte-Anastase, Paris 3e